Ce matin-là, en me regardant dans le miroir, je remarque une tache rosée… sur mon nez ? A. Amer Yahia
Mon témoignage face à la DMLA humide
Depuis l’enfance, j’ai toujours cru que mon côté gauche était naturellement plus faible. Mon oeil gauche, en particulier, était qualifié de « paresseux ». Malgré les lunettes, il n’a jamais dépassé 3/10 d’acuité visuelle. Heureusement, mon oeil droit a toujours bien fonctionné, ce qui m’a permis de mener une vie normale, sans difficulté apparente.
En 2015, lors d’une simple visite chez l’opticien, j’apprends que j’ai un début de dégénérescence maculaire dans l’oeil droit. L’information ne m’alarme pas. Je ne ressens rien, je vois bien, alors je continue ma vie. En 2022, même opticien, même constat, mais cette fois dans les deux yeux. Il me parle de vitamines, d’alimentation, me vend quelques boîtes de suppléments. J’achète sans grande conviction. Je ne les prendrai jamais. Et surtout, je ne cherche pas à comprendre.
Puis, tout a changé le 20 juin 2025.
Ce matin-là, en me regardant dans le miroir, je remarque une tache rosée… sur mon nez ? Je frotte le miroir, puis mon visage, mais la tâche est bien là, dans mon champ de vision. Soudain, je repense à ces avertissements oubliés de mon opticien depuis dix ans. Je contacte Info-Santé. On me parle de DMLA. Et là, je comprends que je risque de perdre la vue… de mon seul oeil fonctionnel.
J’obtiens en urgence un rendez-vous dans une clinique privée à Laval. Le diagnostic tombe : DMLA humide de l’oeil droit. L’image du fond d’oeil est marquante : une tache rougeâtre, dense, au centre de la macula. L’optométriste agit sans délai et transmet un dossier à l’hôpital de la Cité-de-la-Santé.
Le 1er juillet, soit dix jours après l’apparition des premiers symptômes, je reçois ma première injection intravitréenne. L’ophtalmologue est rassurant : plus l’on agit tôt, meilleures sont les chances de préserver la vision. J’accepte immédiatement, en pensant à ces dix années où j’aurais pu réagir. Je suis convaincu qu’un suivi plus attentif aurait pu repousser — peut-être même éviter — cette forme avancée.
Aujourd’hui, vingt jours après l’injection, la tache a diminué, mais la vision reste altérée. Lire de petits caractères est devenu plus difficile. Depuis, je me documente, je m’informe… et surtout, je témoigne.
La DMLA est une maladie silencieuse, souvent ignorée, parfois minimisée. Si mon témoignage peut aider ne serait-ce qu’une personne à agir plus tôt, alors il aura servi à quelque chose. N’attendons pas de voir pour y croire.
A. Amer Yahia 67 ans, Laval (Québec)